Recocarno
Haïti
est l’un des pays les plus pauvres du monde. La grande
majorité de la
population souffre du manque d’infrastructures sanitaires et
médicales de base
(seuls 38% de la population a accès à
l’eau
potable) et d’un système éducatif
public. L’une des principales difficultés
rencontrées par les petits producteurs de café
est la
concentration du pouvoir des exportateurs sur le marché
national. En Haïti, 9
exportateurs dominent le marché. Ils travaillent
grâce aux
services de nombreux
intermédiaires locaux qui payent aux paysans un prix
extrêmement bas. RECOCARNO
a été créée
précisément pour
éviter ces intermédiaires et tirer un revenu plus
élevé de la production. L’organisation
regroupe
sept coopératives de café dans
le Nord et le Nord-est du pays. Chaque coopérative est une
entité juridique
indépendante et a son fonctionnement propre.
L’organisation compte plus de 3000
membres qui cultivent des parcelles de 1 à 3 ha sur
lesquelles
ils font pousser
du café entre les cultures vivrières comme le
maïs,
les bananes et les légumes… La
coopérative donne également des conseils
à ses
membres, afin
d’améliorer la qualité du
café (par exemple
la lutte intégrée contre
les maladies). Jusqu’en 2001,
RECOCARNO a bénéficié de
l’appui de
SEFADES, une ONG haïtienne qui favorise l’octroi de
crédits et les
programmes de formation dans le domaine agricole. Les
coopératives partagent leurs bénéfices
entre leurs
membres en fonction
des priorités que chaque coopérative a
déterminé pour elle-même. Le
plus souvent, un certain pourcentage est distribué aux
membres
et le reste est consacré à des projets sociaux
comme
l’éducation ou la constitution d’une
épargne
pour faire face aux
imprévus.